L'aveugle
Il darde obscurément sa canne trébuchante Dont la froideur s'exprime en claquements brutaux, Jouant sur le pavé le sombre concerto De l'homme condamné aux ténèbres glaçantes.
Dans le printemps drapé de couleurs insolentes, L'implacable néant referme son étau Sur la prunelle éteinte, offerte en ex-voto À l'avenir jonché d'illusions foudroyantes.
Sous le regard distrait d'impavides fêtards, L'aveugle s'aventure aux confins du hasard, Royaume dévasté, bordé de crépuscule.
Quand la ville s'étire au soleil de midi, Il se fond dans sa nuit, impatient vestibule De la mort attendue par son cœur alourdi.
Flambant carnaval
Un joyeux carrousel de masques tourbillonne Sur la piste étoilée où les fringants danseurs Profitent de l'écran qui voile leur pudeur Pour épancher leur cœur doux comme un soir d'automne.
Au rythme des chansons, les jeunes gens frissonnent Dans la nuit déchirée par l'immense clameur Des rires enflammés exhalant la candeur Des couples inédits dont le bonheur rayonne.
Portés par la gaieté du flambant carnaval, Les amoureux tournoient sous les lampions du bal, Jusqu'à la douce ivresse exaltant leur tendresse.
Les masques déchirés aux heures du matin Font place à l'émotion des lèvres qui se pressent, Dans une symphonie de frémissants instincts. Patricia Guénot
www.gazzettadisondrio.it – 10 IX 07 – n. 25/2007, anno IX° |