Honte amère Je suis l’ange qui rit jusqu'à la déraison Des futiles douleurs des ignobles mortels, Acharnés à créer des jouets si cruels Qu'ils parviendront bientôt à brûler l’horizon.
Je suis la solitude érigée en prison Où l’humain égoïste, au cœur pétri de gel, Moisit sous le regard du soleil éternel, Implacable meneur du ballet des saisons.
Je suis le soir ultime, aux portes du néant, Impassible témoin des massacres géants Qui hâtent le trépas de la Terre putride.
Je suis la honte amère, imprégnée de tristesse, Face au noir écheveau d’horreurs, qui se dévide Jusqu’au caveau glacé que creusent vos faiblesses.
Princesse du néant
Étrange créature, issue de ma mémoire, Princesse du néant, tu danses sur le fil Des ténèbres glacées un boléro subtil Dont l'insondable joie chasse mes idées noires.
Fille de l'espérance, ange prémonitoire, Tu quittes mon esprit au mépris du péril Pour offrir à la nuit ton sibyllin profil De muette sylphide au visage d'ivoire.
Dans tes yeux cristallins scintillent les lueurs De diamants insolents, imprégnés du bonheur Que ton corps élancé trame dans la pénombre.
Sur tes cheveux de jais, les rayons argentés D'une lune attentive à velouter les ombres Dessinent un faisceau d'ardentes voluptés.
Bibliothèque
Dans leur habit de cuir, constellés de poussière, Emmurés dans l’oubli, les romans d’autrefois S’ennuient sinistrement sur les rayons étroits De la bibliothèque inondée de lumière.
Près de l’ordinateur à l’apparence altière, Sur lequel des gamins collent leur gai minois, Des illustrés jaunis, entassés de guingois, S’étiolent en blâmant la télé meurtrière.
Gavés de café noir, des étudiants studieux Travaillent longuement en s’abîmant les yeux Sur des pages remplies de lettres minuscules.
Loin du charivari des citadins pressés, Les livres assoupis sous l’œil de la pendule Recèlent en leur sein les trésors du passé.
Dans leur habit de cuir, constellés de poussière, Emmurés dans l’oubli, les romans d’autrefois S’ennuient sinistrement sur les rayons étroits De la bibliothèque inondée de lumière.
Près de l’ordinateur à l’apparence altière, Sur lequel des gamins collent leur gai minois, Des illustrés jaunis, entassés de guingois, S’étiolent en blâmant la télé meurtrière.
Gavés de café noir, des étudiants studieux Travaillent longuement en s’abîmant les yeux Sur des pages remplies de lettres minuscules.
Loin du charivari des citadins pressés, Les livres assoupis sous l’œil de la pendule Recèlent en leur sein les trésors du passé.
Patricia Guénot
www.gazzettadisondrio.it – 20 IX 07 – n. 26/2007, anno IX° |