Prière à la pendule Pendule venimeuse au tic tac hivernal, Spectatrice assidue de mon chagrin polaire, Tu ponctues sans répit mes rêves solitaires De tes jambes glacées, habillées de métal.
Fièrement suspendue à un crochet mural, Inlassable poison au pas atrabilaire, Tu découpes ma vie en tranches éphémères Dont l'affreux défilé ravit l'ange du mal.
Impassible témoin de mes journées amères, Renonce à la froideur de ton masque de verre, Pour danser sous mes yeux un ballet infernal.
Au lieu de ciseler mon ennui funéraire, Immerge ma douleur dans un gouffre spiral, Avant de prolonger mon bonheur idéal.
Visage du bonheur
Sur la photo en noir et blanc, Ton visage de porcelaine Affiche une joie souveraine, Imperméable aux faux-semblants.
Retranché dans l'arrière-plan Orné d'une lune lointaine, Le jardin planté de vieux chênes Cèle nos souvenirs brûlants.
Les diamants de tes yeux s'égrènent En éclats jaillis par centaines Devant mon visage tremblant.
Ton sourire gracieux m'entraîne Sur le chemin étincelant De notre unisson insolent.
Mort aimable Quand le passé déverse un torrent de souffrances Nichées dans les recoins de chaque souvenir Sur mon cœur affaibli, dépourvu de désirs, Sinistre compagnon de ma désespérance ;
Quand le présent répand l’amère putrescence De la vaine amitié, zélée à me trahir, Sur mon âme blessée, épuisée de subir L’implacable poignard de l’infernal silence ;
Quand le linceul glacé qui couvre l’avenir Étouffe l’horizon qui commence à noircir Sous les feux maladifs d’un soleil sans défense ;
Mon esprit avisé m’intime de mourir Afin de mettre un terme au désarroi immense Qui creuse mon tombeau dans la nuit qui s’avance.
Visage du bonheur
Sur la photo en noir et blanc, Ton visage de porcelaine Affiche une joie souveraine, Imperméable aux faux-semblants.
Retranché dans l'arrière-plan Orné d'une lune lointaine, Le jardin planté de vieux chênes Cèle nos souvenirs brûlants.
Les diamants de tes yeux s'égrènent En éclats jaillis par centaines Devant mon visage tremblant.
Ton sourire gracieux m'entraîne Sur le chemin étincelant De notre unisson insolent. Patricia Guénot
www.gazzettadisondrio.it – 30 IX 07 – n. 27/2007, anno IX° |