Violon hivernal
Quand un aigre violon entonne dans le soir Un refrain oublié aux notes hivernales, Sous la fenêtre ornée d'un rideau de percale Imprimé de bouquets de fleurs en entonnoir ;
La vieille solitaire affronte son miroir, Insolent compagnon dont l'image brutale Hante ses insomnies qu'une lune d'opale S'acharne à délivrer de ses papillons noirs.
Aux portes d'un matin dont la grisaille étale Couvre d'un froid linceul l'antique cathédrale, Des nuages épais commencent à pleuvoir.
Quand un affreux tocsin plonge la capitale Dans l'abîme où sévit l'ange du désespoir, Une neige boueuse envahit les trottoirs.
Premiers feux de l’aurore Dès les premiers feux de l’aurore, Je viendrai fleurir ta maison. J’accrocherai à l’horizon Des étoiles multicolores.
Je t’offrirai une pléthore De plantes des quatre saisons. Dès les premiers feux de l’aurore, Je viendrai fleurir ta maison.
Je t’apporterai une amphore De vin au goût de déraison. Je calcinerai ta prison Sous un faisceau de joie sonore, Dès les premiers feux de l’aurore. Patricia Guénot
www.gazzettadisondrio.it – 20 X 07 – n. 29/2007, anno X° |