Jardin de l'enfance
Je garde au fond du cœur mon jardin de l'enfance, Où germe un chapelet de refrains enchanteurs Qui ponctuent le ballet des crayons de couleur, Habiles pourfendeurs des devoirs de vacances.
Dans mon âme palpite un village de France, Où le gai rossignol célèbre la douceur Du soleil bienveillant dont les tièdes lueurs Mènent sur la fontaine une enivrante danse.
Le crissement aigu de la plume d'acier, Que dirige ma main sur le laiteux cahier, Résonne tendrement au creux de ma mémoire.
La craie sur le tableau trace un savant lacis De présages radieux, inscrits sur le grimoire De mes jeunes années, exemptes de soucis.
Cheval mort
À l'aube, mon brave animal S'est affaissé dans les feuillages Qui revêtent le paysage D'un soyeux manteau automnal.
Sourd au concerto matinal Des rossignols du voisinage, Il est parti dans les nuages, Berceau de son sommeil final.
Je garde en mon esprit l'image De nos cavalcades sauvages, Au gré de son galop royal.
Chaque fois qu'un violent orage Brise le calme végétal, J'entends hennir mon fier cheval.
Créations divines
Las de l'éternité dénuée de piment, Dieu, d'un geste soudain, crée l'homme à son image, Avant de dédaigner le fruit de ce ratage, Monolithe vulgaire à l'esprit de dément.
Le Créateur navré fomente un châtiment Contre cet être froid, aux manières sauvages, En inventant la femme, une fée au visage Plus lumineux qu'un astre au bord du firmament.
Le mâle Adam conduit sa princesse au rivage Du plaisir insolent, sous un ciel sans nuages, D'où le Maître du monde agonit les amants.
éve, ardente beauté, réduit en esclavage Son compagnon conquis par ses yeux de diamant, Prophètes malicieux d'exquis enlacements.
Patricia Guénot
www.gazzettadisondrio.it – 10 XI 07 – n. 31/2007, anno X° |