Homepage
Italia e mondo
Provincia di Sondrio
Nostra Provincia
Fatti dello Spirito
CCCVA
Prodotti
Nostri personaggi
Galleria
Siti segnalati
Contatti
 
sito realizzato da
nereal.com . 2006
 
 


Tutti i contenuti di questo sito, salvo ove diversamente specificato, sono pubblicati secondo la licenza d'uso Creative Commons.
 

Littératures sous embargo américain
di Aude Pivin segn. da Enrico Galoppini

Enrico Galoppini, attivissimo sul fronte dell'informazione internazionale, ci segnala un articolo apparso il 30.11 su "Le Monde" a firma Aude Pivin Littératures sous embargo américain, par Aude Pivin. Dibattito ovviamente aperto.

Désormais, les éditeurs américains sont passibles d'une amende pouvant atteindre 1 million de dollars et d'une peine maximale de dix ans de prison s'ils publient un livre provenant d'un pays sous embargo américain. Ainsi en a décidé l'OFAC (Office of Foreign Assets Control), une agence du département américain du Trésor chargée des sanctions économiques contre les pays susceptibles de constituer une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis.
Depuis septembre 2003 - sauf autorisation préalable - l'OFAC interdit toute publication de travaux d'auteurs iraniens, cubains ou soudanais "qui ne seraient pas entièrement achevés au moment de la signature du contrat"
avec l'éditeur. La formule, assez vague, est complétée par des mesures
beaucoup plus explicites qui interdisent à tout Américain de coécrire un
livre ou un article avec des auteurs de ces mêmes pays, de le parachever,
d'apporter des modifications à des ouvrages déjà existants ou de les
promouvoir. Interdire à un éditeur d'ajouter des notes ou une introduction
à un livre, de le corriger ou de lui faire de la publicité revient tout simplement à l'empêcher de mettre en oeuvre sa parution.
Devant la menace des sanctions, les éditeurs n'ont pas d'autre choix
que de s'incliner : parmi les ouvrages suspendus de parution cette année,
on trouve une encyclopédie de la musique cubaine, une anthologie de la
littérature iranienne contemporaine ou encore un ouvrage scientifique
iranien visant à améliorer les prévisions des tremblements de terre.
Les mesures de l'OFAC suscitent évidemment de nombreuses réactions
dans le pays, car elles sont contraires à l'amendement Berman (1988). Par
deux fois déjà, le Congrès a expressément soustrait la circulation des idées
et des informations de l'embargo commercial. L'amendement de 1988 disposait en effet que l'OFAC n'avait pas autorité à "réguler ou prohiber" l'importation ou l'exportation de publications ou de films. Le Congrès entérinait sa décision en 1994 par un Free Trade in Ideas Amendement (une loi sur le libre échange d'idées) étendant l'application de l'amendement Berman à toute information, quel que soit son support : CD, vidéo...
C'est donc pour répondre à ces mesures illégales et anticonstitutionnelles que, le 27 septembre dernier, plusieurs organisations, rassemblant des milliers de chercheurs, d'écrivains, de traducteurs et d'éditeurs, ont déposé une plainte devant la cour fédérale de New York pour obtenir la révision immédiate des règlements de l'OFAC.
Ensemble, ils veulent faire valoir leur droit, au regard du premier amendement de la Constitution américaine, lequel consacre la liberté d'expression et la liberté de la presse, et contraindre l'OFAC à respecter les lois du Congrès. Le document principal des plaignants, précis et étayé, est accompagné de déclarations personnelles remarquablement argumentées,
comme celle de Salman Rushdie, qui rappelle combien ses propres combats
n'auraient pu aboutir s'il n'avait trouvé refuge et liberté aux Etats-Unis.
De toutes parts, la résistance s'organise. Des associations
encouragent leurs adhérents à se faire connaître auprès d'une autorité
locale, d'un journal, à publier des articles afin d'informer le grand public
des dérives inquiétantes du gouvernement. Dans un article, une lettre ou une déclaration, ils stigmatisent non seulement les atteintes portées aux
droits fondamentaux des individus mais les conséquences absurdes et contre-productives de telles mesures gouvernementales. Ainsi, Shirin Ebadi,
Prix Nobel de la paix 2003, qui prévoyait d'écrire cette année un livre sur sa vie en Iran, où elle fut emprisonnée, se voit interdite de parution auxEtats-Unis. Le cas de l'activiste iranienne, qui combat en faveur des droits
de l'homme, et qui porte plainte aussi, illustre bien l'incohérence de la
situation et la double répression dont elle est la victime : interdite de
publication en Iran, la voici maintenant réduite au silence aux Etats-Unis.
Historiquement, les Etats-Unis ont toujours accueilli les personnes dont les travaux étaient condamnés dans leur pays. L'amendement Berman et
la loi sur le libre échange d'idées ont donc été passés pour garantir la libre circulation des informations. Mais l'OFAC a choisi d'étendre les restrictions aux publications, mettant ainsi des littératures sous embargo américain. Conséquence : d'un pays à l'autre, Cubains et Iraniens voient leur liberté d'expression également menacée. Quelles dérives ne peut-on craindre quand le gouvernement se présente partout en défenseur des libertés
fondamentales et qu'il a recours aux mêmes méthodes que les pays qu'il prétend combattre?
Aude Pivin segn. da Enrico Galoppini

Aude Pivin est traductrice et critique. ARTICLE PARU DANS LE MONDE, EDITION DU 30.11.04

GdS 10 XII 2004 - www.gazzettadisondrio.it
________________________________________
 

Torna a Italia e Mondo
                                                
Torna all'indice generale

  Torna alla prima pagina