Proseguiamo nella pubblicazione delle poesie di Patricia Guénot:
Futur fleuri
Chasse le démon tapi dans ta tête. Déguste un flacon de vin savoureux Afin d'allumer ton œil ténébreux. Écoute le chant des oiseaux en fête.
Jette tes pensées au goût de défaite Dans un puits obscur au tréfonds ombreux. Cueille un tombereau de lys vigoureux Pour illuminer ton cœur de poète.
Noie le chapelet de tes pleurs brûlants Dans un hurlement de rire insolent, Germé dans le creux d'un rêve limpide.
Pour vaincre l'effroi qui noue ton esprit, Dessine un chemin de gaieté candide Vers le chaud pays du futur fleuri.
Cœur désarmé
Empêtrée dans les rets de l'amour consumé Qui me laisse brisée, au bord de la démence, Je cultive en solo la fleur de ma souffrance Dans mon esprit jonché de rêves décimés.
En dérive au tréfonds d'un quartier mal famé, J'immerge les échos de ma désespérance Dans un torrent de vin qui lave le silence De mon âme où la joie se refuse à germer.
Dans la nuit barbelée propice à mon errance, Je confie mon chagrin au démon qui s'avance Sous l'horizon sanglant en train de se fermer.
Au seuil de l'aube grise, une tempête immense Efface ma mémoire avant de submerger Les vestiges tremblants de mon cœur désarmé. Horizon radieux -----------------------
Sur les chardons sanglants de ton odieux silence, Je sèmerai bientôt un tombereau de fleurs, Messagères bénies d'un flamboyant bonheur Éclos dans le berceau de tes rêves d'enfance.
Sur les lambeaux flétris de tes noires démences, Je construirai un nid de frissons enchanteurs Pour éteindre l'écho de ton rire moqueur, Poussé dans le marais de ta vie de souffrance.
Sur la peau veloutée de ton visage en pleurs, Je poserai un flot de baisers enjôleurs Au parfum enivrant de ma tendresse immense.
Dans ton regard souillé d'ineffables douleurs, J'inviterai la lune en habit d'insolence À darder ses lueurs imprégnées d'espérance. Bar de l'ennui
Tandis que le patron lampait un café noir Pour laver la froideur de la nuit ordinaire, Une odieuse tablée de touristes vulgaires Pillait honteusement ses trésors du terroir.
Aussitôt qu'elle entra, le serveur laissa choir Son plateau sur les pieds d'un vieillard solitaire Qui lâcha son journal en renversant son verre, Avant d'aller crier sa colère au comptoir.
Dans le bar enflammé par la belle étrangère, Les clients familiers, ensemble, se lancèrent Dans une pantomime inapte à l'émouvoir.
Quand la reine des lieux, une horrible mégère, Entreprit de jeter la fée sur le trottoir, Un nuage d'ennui commença à pleuvoir. Patricia Guénot
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