Proseguiamo nella pubblicazione delle poesie che regolarmente ci manda l’autrice. Non sappiamo quanti lettori la seguano, anche per via della lingua. Pochi o tanti che siano pare che apprezzino. Red Paupière
Fermement abaissée pour offrir au dormeur Un écrin ténébreux, la discrète paupière Repousse vaillamment les sournoises lumières Acharnées à briser le sommeil protecteur.
Vivement agitée pour dissiper les pleurs Qui concluent bruyamment une rixe incendiaire, Elle oppose au rival une adroite barrière En drapant le regard d'un voile de pudeur.
Afin d'éliminer les infimes poussières Qui mènent sur les yeux une danse guerrière, Elle bat prestement, rebelle à la douleur.
Face aux noires visions de la mort familière, Affichée sans répit sur l'écran en couleur, Elle tire un rideau d'espoir pour le rêveur.
Anesthésie
Je résiste à l'anesthésie Pour surveiller l'opération. Je lutte contre les potions En scandant de la poésie.
Aux portes de l'euthanasie, J'implore une autre solution. Je résiste à l'anesthésie Pour surveiller l'opération.
Je déplore que mon sosie Ait boudé ma proposition De subir cette intervention. De toutes mes fibres transies, Je résiste à l'anesthésie.
Squelette morose
Sur son socle de bois, le silencieux squelette, Au chagrin revêtu d'une calme blancheur, Observe le ballet que les mains du masseur Dansent sur l'abdomen d'une femme replète.
Figé dans un ennui lourd de regrets, il guette Une enfant dénudée dont l'extrême maigreur Prophétise un décès qu'en ange protecteur, Il essaie d'empêcher par des messes secrètes.
Devant le corps musclé d'un cycliste amateur, Il sent monter en lui une sourde rancœur, Si bien qu'il agonit la force des athlètes.
Quand l'aile de la nuit chasse les visiteurs, Le macabre pantin échafaude en cachette Un projet d'évasion, qu'au matin il rejette. L'an nouveau
Dans un déferlement de feuillages fanés, Décembre en habit gris tire sa révérence Au bord d'un horizon constellé de souffrances, Impassible berceau d'un avenir mort-né.
La soirée se consume en festins raffinés Aux alcools capiteux, consommés à outrance, Dans les replis laiteux de la nuit qui s'élance Vers l'abîme glacé d'un monde condamné.
Sous le ciel cotonneux, les rires se déchaînent En vagues avinées d'amertume certaine Qui meurent lentement aux portes du matin.
Quand l'aube frissonnante étend ses blanches ailes, L'impatient carillon aux accents cristallins Chante pour l'an nouveau sa tristesse éternelle.
La fleuriste
La fleuriste aux cheveux châtains, Dressée dans son floral empire, Assemble des gerbes de rire Qu'elle égrène dès le matin.
Elle conseille avec chaleur Les jeunes amoureux timides. De ses mains aux gestes rapides, Elle fait danser les couleurs.
Elle compose des bouquets Où trône l'orchidée royale Dont les magnifiques pétales Se drapent d'un velours coquet.
Elle marie l'œillet soyeux Au lys à la robe éclatante Dans des compositions charmantes Gorgées de parfums délicieux.
Immense capitale
L'immense capitale étale ses rues noires Où l'ennui se déverse en torrent cancéreux De venimeux cafard sur les cœurs douloureux, Fatigués d'enchaîner des amours illusoires.
Drapés dans leur manteau de dédain dérisoire, Les citadins s'enfuient des boulevards ombreux Pour chercher le repos dans les rêves scabreux Qui tapissent leur âme d'un espoir provisoire.
Aux portes de la nuit, les spectres de l'effroi Répandent leur poison sur les trottoirs étroits, Embrasés par les feux d'un couchant incendiaire.
À l'orée du matin, le silence glaçant Se noie dans l'océan des peines routinières, Qui plonge les cerveaux dans ses flots salissants. Message de Dieu
Je suis votre Dieu magnifique. Je ferai le monde autrement. Constater vos égarements M'a trop fait tourner en bourrique.
Vous voulez décrocher la lune, Mais ce travail est inhumain, Et je la remettrais demain Bien que cela vous importune.
Je ferai une terre douce, Vous apprécierez sa gaieté. Je vous apprendrai à chanter Et à vous rouler dans la mousse.
Je bannirai toute violence, Chacun sera auprès des siens, Vos bourreaux seront musiciens, Ils se mettront même à la danse.
Hélas j'en ai pour des semaines. Parfois mon désespoir est tel Que je pleure d'être immortel, De ma pluie j'inonde vos plaines.
Quand vous recevrez ce message, J'aurai commencé mes efforts, Détruit vos précieux coffres-forts Au profit d'un juste partage. Patricia Guénot
www.gazzettadisondrio.it - n. 2/2007 - 30 I 07 |