Proseguiamo nella pubblicazione delle poesie che l’autrice ci manda regolarmente. Pare che piacciano. Ne abbiamo parecchie da pubblicare…
Tendre Saint-Valentin
Le jour de la Saint-Valentin, Les cœurs amoureux caracolent En une ardente farandole Qu'égaie un soleil cabotin.
Sur la blanche peau de satin De leur princesse, batifole La bouche des amants frivoles, Avides de frissons mutins.
Au lieu de se perdre en paroles, Les couples radieux se cajolent Au gré de leurs tendres instincts.
Sitôt que la pudeur s'envole, Des flots de rires argentins Déferlent sur les libertins.
Triste Saint-Valentin
Je mets le couvert, les assiettes à dessert, Pour mon amour et moi. La nappe de travers, un résidu d'hiver, Me réduisent aux abois. Alors je bois Un petit verre De ratafia.
Ma vue s'embrouille. Je fais des nouilles. Pourvu qu'il aime les pâtes À la sauce tomate. Pour composer l'entrée, J'épluche sans tarder Quelques carottes, Une échalote.
Je regarde bouillonner la flotte. J'enfile prestement mes bottes.
Tant pis pour le festin De la Saint-Valentin.
Je vais noyer mon cafard Dans le ventre d'un bar.
Saint-Valentin
Quatorze février, c'est la Saint-Valentin. J'aimerais raconter une histoire amusante. Je n'ai que l'amitié d'un bonbon à la menthe, Mais comme on dit souvent, à chacun son destin.
Personne ne jouera le bon Samaritain. Je prends soin de mon chat et j'arrose mes plantes Qui poussent de grands cris en signe d'épouvante. Enfin je me prépare un délicieux festin.
J'ai de précieux amis assoupis dans mes livres Attendant sagement que ma main les délivre. J'en choisis quelques-uns au hasard des récits.
J'offre à ces compagnons de belles aventures, Les déplace à loisir, l'un debout, l'autre assis. Ils acceptent gaiement ma taquine nature.
Épitaphe d'une poète rebelle
Ne venez pas verser de larmes hypocrites Sur ma carcasse enfin dépourvue des douleurs De ma vie abhorrée de poète au grand cœur, Dont les vers insolents témoignent les mérites.
Épargnez-vous l'effort d'une ultime visite À mon corps pétrifié par la calme froideur De la mort qui noiera mes poèmes vengeurs Dans l'oubli réservé aux consciences maudites.
N'envoyez pas chez moi l'armée des fossoyeurs, Artisans du néant, familiers de l'horreur Qu'ils lavent prestement dans un seau d'eau bénite.
Gardez-vous d'apporter d'affreux bouquets de fleurs, Grotesques importuns dans mon logis d'ermite, D'où j'ai toujours banni la moindre marguerite.
Combat champêtre
Sous le ciel inversé, la rose solitaire Exhorte le chardon au manteau épineux À venir habiter son jardin lumineux, Peuplé d'un bataillon de plantes potagères.
Le nouvel arrivant s'oppose à la vipère Dont le corps se déroule en mouvements haineux Afin d'emprisonner sous ses crocs venimeux L'invité qui réplique en piquante colère.
Le combat se termine en spectacle violent Où frémit le serpent dont les anneaux sanglants Enserrent fermement la plante agonisante.
Sous l'œil indifférent du soleil matinal, Le jardin revêtu de sa robe innocente Oublie la cruauté du défunt animal. Patricia Guénot
www.gazzettadisondrio.it – 20 II 07 – n. 5/2007, anno IX° |