Éloge de la beauté
À l'orée du grand bois, les bouleaux et les chênes Étirent leur feuillage en soyeux étendard Ondulant dans le vent pour charmer le regard De la fée des forêts, Diane, qui se promène.
Pour louer sa beauté, les gais pinsons égrènent Un concerto troublant de trilles babillards Pendant que le soleil éloigne le brouillard Afin de caresser sa peau de porcelaine.
Fascinée par l'éclat de son rire charmant, La rivière s'épanche en vagues de diamants Qui déversent leurs feux dans les yeux de la belle.
Le muguet, le jasmin, exaltant leurs couleurs, Composent un tableau pour que la demoiselle, Émue par leur splendeur, succombe à leurs senteurs. __._,_.___ Virées nocturnes Pour égayer ma nuit, souvent, je saigne un mec Que le hasard vicieux me colle dans les pattes, Avant de balancer mon poignard écarlate Près du quidam guignard dont j’ai cloué le bec.
Mon forfait accompli, je m’arrache aussi sec Avant qu’un poulaga en mission ne m’abatte, Tandis que le troupeau des bourgeois en cravate Geint de me voir tenir la flicaille en échec.
Au lieu de regagner mes maussades pénates, J’asticote crûment les poupées qui me matent, Si bien qu’elles m’envoient racoler chez les Grecs.
Au matin, épuisée de jouer les pirates, Je file me pieuter, sourde aux salamalecs De travelos camés, exhibant leur bifteck.
Pays de lumière
Je viens du pays délicieux Où les vieilles maisons de pierre Invitent l’eau de la rivière À chanter son hymne radieux.
Je conserve au fond de mes yeux Les jonchées de fleurs printanières Offrant leurs couleurs incendiaires Aux rais d’un soleil malicieux.
J’entends siffler la cafetière Dans la maison hospitalière De mes grands-parents silencieux.
Je garde en mon cœur la lumière De l’aube, qui blanchit les cieux Pour guérir les esprits pluvieux.
Lune tendre
Accrochée dans un ciel étouffant de tristesse, La lune silencieuse étend d'aigres lueurs Sur la Terre souillée par les tirs fossoyeurs Des humains insoucieux des champêtres richesses.
Lassée d'illuminer les soldats qui ne cessent De changer l'univers en écheveau d'horreurs, L'astre de nuit déploie ses rayons enchanteurs Sur le corps endormi d'une exquise princesse.
Tandis que les guerriers déplorent la noirceur De la voûte où grandit le spectre de la peur, La belle se réjouit des lunaires caresses.
Le soleil matinal, insensible au bonheur De la fée solitaire, odieusement s'empresse D'incendier le berceau des nocturnes tendresses. __._,_.___
Mac à dames
Savamment attifé d'un air patibulaire, Un maquereau brutal en costard à carreaux Balance une mandale au répugnant poivrot Dont le clébard claudique en clamant sa colère.
Sous les pâles lueurs d'hirsutes réverbères, Des bourgeois, épuisés en sortant du bureau, Déversent leur ennui dans de poisseux bistrots Avant de se payer une femme légère.
Les putains du quartier comptent leurs abattis Quand un bruyant essaim de camés travestis Met brusquement le cap sur leur coin de bitume.
Les julots des morues lâchent des malabars Qui forment les intrus au respect des coutumes Grâce aux explications de leur hargneux pétard.
Savamment attifé d'un air patibulaire, Un maquereau brutal en costard à carreaux Balance une mandale au répugnant poivrot Dont le clébard claudique en clamant sa colère.
Sous les pâles lueurs d'hirsutes réverbères, Des bourgeois, épuisés en sortant du bureau, Déversent leur ennui dans de poisseux bistrots Avant de se payer une femme légère.
Les putains du quartier comptent leurs abattis Quand un bruyant essaim de camés travestis Met brusquement le cap sur leur coin de bitume.
Les julots des morues lâchent des malabars Qui forment les intrus au respect des coutumes Grâce aux explications de leur hargneux pétard.
Concerto du bonheur Je mélangerai ta noirceur À ma sombre désespérance, Pour que l’union de nos souffrances S’épanche en gerbe de douceur.
Je viendrai semer dans ton cœur Les souvenirs de mon enfance, Afin que notre amour s’élance Loin de tes obscures douleurs.
J’immergerai tes défaillances Dans un puits de tendresse immense Gorgé de rires enchanteurs.
J’orchestrerai nos différences En concerto dont la splendeur Augurera notre bonheur.
Silencieux grenier Discrètement perché en haut de l’escalier Aux marches rabotées par les années qui filent Vers une mort bardée de fantômes hostiles, Sombre dans l’abandon le silencieux grenier.
Au milieu d’un fouillis de cahiers d’écolier Constellés de récits aux dessins malhabiles, S’étalent des photos, souvenirs d’une idylle, Aux sourires gommés par l’ennui familier.
D’une armoire bourrée d’étranges ustensiles, S’évapore un parfum dont les notes subtiles Ravivent les échos d’un bonheur printanier.
Contre le mur lardé de fissures, s’empilent Des mocassins usés où les chats du quartier Exercent le tranchant de leurs griffes d’acier.
Chat mort Dans mon esprit erre un chat mort Dont les miaulements oblitèrent La paix de mes nuits solitaires Afin que je perde le nord.
Au fond de ses yeux perlés d’or Luisent d’insondables mystères Que ce félin au pas lunaire Fabrique pendant que je dors.
D’une griffe avide, il lacère Mes rêveries pour satisfaire Sa fureur d’animal retors.
Aussitôt que ma main légère Se risque à caresser son corps, Ce monstre capricieux me mord.
Érable musical
Érable dressé vers le ciel, J'écoute la brise solaire Chanter sa mélodie légère, Perçant le silence de miel.
Bercé par les accords sériels Que jouent les feuilles de mes frères, J'oublie le dénouement sévère De notre unisson démentiel.
Dans la froideur crépusculaire, J'échappe aux instruments vulgaires Des bûcherons pestilentiels.
Quand pointe un jour radieux, j'espère Qu'un musicien providentiel Goûtera mes sons essentiels.
Mac à dames
Savamment attifé d'un air patibulaire, Un maquereau brutal en costard à carreaux Balance une mandale au répugnant poivrot Dont le clébard claudique en clamant sa colère.
Sous les pâles lueurs d'hirsutes réverbères, Des bourgeois, épuisés en sortant du bureau, Déversent leur ennui dans de poisseux bistrots Avant de se payer une femme légère.
Les putains du quartier comptent leurs abattis Quand un bruyant essaim de camés travestis Met brusquement le cap sur leur coin de bitume.
Les julots des morues lâchent des malabars Qui forment les intrus au respect des coutumes Grâce aux explications de leur hargneux pétard.
Flânerie urbaine
D'esplanade animée en boulevard tranquille, Le marcheur solitaire explore la cité Où le soleil couchant insuffle sa gaieté Au ballet incessant des donzelles graciles.
Voyageur sans bagage, il visite la ville Au hasard des quartiers dont les murs graffités De slogans en l'honneur d'une âpre liberté Ravivent en son cœur une émotion fébrile.
Cependant que la nuit s'empresse d'emporter Les hommes vers leur nid de tendres voluptés, Il arpente les rues sous la lune immobile.
Dans le jardin fleuri d'un tandem de vigiles, Il poursuit son errance, avant de s'arrêter Sur un banc où l'accueille un clochard édenté. www.gazzettadisondrio.it – 30 III 07 – n. 9/2007, anno IX°
Patricia Guénot
www.gazzettadisondrio.it – 30 III 07 – n. 9/2007, anno IX° |